Essais
Dix mois et environ 2 000 km sur un seul vélo
En résumé
Depuis janvier, le prototype est le seul vélo que je prends. J’ai fait environ 2 000 km avec par tous les temps, en ville comme sur la route avec le club ou sur les chemins des Vosges et de la Forêt-Noire. C’est devenu le vélo auquel je fais le plus confiance, et je le prends sans me poser de questions. C’était justement la question de départ de Racine, que je posais déjà dans l’article sur la géométrie : si on ne devait avoir qu’un seul vélo, à quoi est-ce qu’il ressemblerait ? Après dix mois, je me suis dit que ça valait le coup de partager mon expérience avec le proto. Bonne lecture !
Le proto au quotidien
Je travaille de chez moi, donc il ne fait pas de vélotaf. Mais il fait à peu près tout le reste, à commencer par mes déplacements dans Strasbourg avec pas mal de pavés et de routes un peu défoncées.
Le jeudi soir, je fais la sortie du Transmission Cycling Club. On roule une quarantaine de kilomètres sur route et on part quelle que soit la météo. Je ne suis pas en tête du groupe, mais je mets plutôt ça sur le compte de mes mollets que sur celui du vélo !
Je m’en sers aussi pour aller voir ma grand-mère à Colmar et pour partir dans les Vosges, un peu plus au printemps et en été qu’en hiver. J’avais raconté ma première nuit en bivouac au Mont-Saint-Odile dans 24 h dans les Vosges.
Je l’ai déjà dit plusieurs fois mais ce qui me surprend toujours, c’est à quel point il roule bien sur les pavés et les routes abîmées. Le cadre en acier chromoly et les pneus larges filtrent bien les vibrations sans que le vélo devienne mou pour autant. Il reste assez vif quand on relance et je trouve que ce compromis entre confort et nervosité est plutôt réussi.
Un vélo sans prise de tête
J’ai aussi un vélo de route, un VTT, un vélo de ville et un tracklocross, et je les connais très bien. Mais depuis que le prototype est arrivé, je n’en ai repris aucun ! Je ne me demande plus quel vélo sortir selon le trajet, la météo ou le revêtement. Je prends le proto Racine parce que je sais qu’il passera partout et qu’il ne me fera défaut dans aucune situation.
C’est ça que je cherchais en dessinant Racine. Un vélo qu’on n’a pas besoin de préparer avant de partir et auquel on ne pense plus une fois dessus. La pluie, les pavés, un chemin qui n’était pas prévu ou une sortie un peu rapide avec le club, il encaisse tout de la même façon. Je dois quand même nuancer, je ne suis pas un gros rouleur. Dans l’idéal, j’aimerais rouler chaque vélo pour l’usage auquel il est destiné, mais au final, à part le Racine, les autres prennent malheureusement la poussière. Je suis plutôt un passionné de mécanique vélo qui aime bricoler et améliorer ses vélos, bien plus qu’un gros rouleur ou un vélotafeur assidu.
Ce qui a posé problème
Pas grand-chose. J’ai crevé deux fois à l’arrière avec les pneus gravel, à chaque fois en roulant sur un clou ou une agrafe en ville. À part ça, rien n’a cassé et je n’ai pas eu de vraie panne. Je suis très content des freins et plus largement de l’ensemble des composants.
Je passe quand même du temps à le régler et à le bidouiller, mais un prototype est fait pour ça. Le vrai défaut, c’est l’arrière. Les haubans sont trop serrés autour du pneu et il suffit que la roue soit légèrement décentrée pour qu’il frotte. Il faut alors la réaligner. Ce n’est pas critique et ce sera corrigé sur la série.
Ce que ça change sur la série
Ces kilomètres ont justement servi à repérer ce qui devait évoluer. Sur la série, l’arrière gagne de la place pour le pneu et les garde-boues, et le vélo acceptera des pneus encore plus larges, jusqu’à 60 mm.
La direction évolue aussi. Sur le prototype, la chasse (la distance qui stabilise la direction) est un peu courte. Le vélo rentre très facilement dans les virages et parfois même un peu trop, et quand il est chargé il demande un peu plus d’effort pour se redresser. Le comportement reste sain mais je l’avais remarqué dès les premiers tours de roue. La fourche de la série allonge la chasse pour gagner en stabilité.
Les cadres de pré-série sont soudés et je les ai eus en main, mais je n’ai pas encore roulé avec. Je vous en reparle après les premiers essais !
Pas un vélo pour aller vite
La performance n’a jamais été le but. Le prototype pèse 14 kg équipé en taille L, donc il demande plus d’effort qu’un vélo de route léger dans les relances et les montées. Sur le plat en revanche, je roule à 25-30 km/h sans forcer. C’était dans le cahier des charges et ça me permet de suivre les sorties du jeudi. Il a une belle inertie et il est vraiment agréable à rouler une fois lancé.
En mai, j’ai fait une boucle jusqu’au Mummelsee en Forêt-Noire avec des amis cyclistes bien plus affûtés que moi. Il y avait 112 km et 1 243 m de dénivelé dans la journée, avec des pavés, un passage en gravier et une longue montée en forêt. Je n’étais clairement pas le plus rapide dans les montées, mais avec mon gabarit je ne joue pas non plus dans la catégorie poids plume. Et à aucun moment je n’ai eu l’impression d’avoir fait un mauvais choix en prenant ce vélo.
Une configuration pour tout
Je ne change pas de configuration selon la sortie. Celle du moment me sert aussi bien en ville que le jeudi soir ou sur les chemins. En parallèle, je teste régulièrement d’autres montages pour le développement du vélo : guidon droit ou cintre courbé, pneus route ou chemin, avec ou sans porte-bagages et garde-boues. Je n’arrive pas vraiment à en préférer un. Ils sont juste différents et chacun m’a permis de faire tous mes trajets.
Dix mois plus tard
Pour moi, un seul vélo suffit pour la ville, la route à allure de sortie et les chemins roulants. C’est le vélo que j’avais envie de construire au départ, et c’est toujours celui que je prends en sortant de chez moi sans même y réfléchir. C’est ce vélo-là, corrigé de ses petits défauts, que je veux vous proposer avec la première série ! La géométrie, les tailles et les options sont sur la page du vélo.
Si tu as des questions sur le vélo ou sur le projet, ou si tu veux venir voir le proto à Strasbourg, écris-moi à contact@velos-racine.fr.
Bon à savoir
Peut-on utiliser un seul vélo en ville, sur route et sur les chemins ?
Oui, si on ne cherche pas les performances d'un vélo spécialisé. Depuis janvier, je roule sur le prototype Racine pour mes trajets à Strasbourg, les sorties du jeudi avec le club et mes escapades dans les Vosges ou la Forêt-Noire. J'estime avoir parcouru environ 2 000 km. Le même vélo me sert pour tous ces usages, même si son poids se fait sentir dans les montées et les relances, et c'est devenu celui auquel je fais le plus confiance.
Qu'est-ce qui change entre le prototype Racine et la version de série ?
L'arrière du cadre laisse plus de place au pneu et aux garde-boues. La série pourra accueillir des pneus jusqu'à 60 mm, contre 50 mm sur le prototype. La fourche change aussi pour rendre la direction plus facile à redresser, surtout quand le vélo est chargé. Les cadres de pré-série sont soudés, mais je n'ai pas encore roulé avec : ces évolutions restent à valider sur la route.
Le vélo Racine est-il adapté pour rouler vite ?
Le Racine n'est pas conçu pour la performance. Équipé, en taille L, le prototype pèse 14 kg. Il demande donc plus d'effort pour accélérer ou grimper qu'un vélo de route léger. Sur le plat, je roule à 25-30 km/h sans forcer et je peux suivre les sorties du club. Son intérêt est de pouvoir enchaîner tous ces usages avec le même vélo.