Le vélo Racine chargé pour le bikepacking dans les Vosges

24 h dans les Vosges : la première nuit en bikepacking du vélo Racine

· 6 min de lecture · Catégories : Aventure

Deux mois après avoir reçu le premier prototype, j’ai eu envie de sortir du cadre des essais quotidiens et de partir un peu plus loin. Direction les Vosges, pour une nuit en bivouac du côté du Mont-Saint-Odile, avec une cinquantaine de kilomètres jusqu’au bivouac, du vent, du dénivelé et un vélo chargé comme pour un vrai départ en voyage.

Je ne cherchais pas à battre un record ni à pousser le matériel dans ses retranchements. Je voulais surtout voir comment ce vélo se comporte quand on l’emmène rouler longtemps, qu’on lui accroche quelques affaires et qu’on prend le temps.

Pourquoi partir 24 h quand on passe ses journées à fabriquer un vélo ?

Depuis des mois, mes journées tournent autour de Racine et se passent en grande partie derrière un ordinateur, entre les devis fournisseurs, la conception, les échanges avec les ateliers et la communication. C’est nécessaire, mais ce n’est pas pour rester assis que j’ai eu envie de créer un vélo.

Il y a d’ailleurs quelque chose d’un peu absurde à développer un vélo pensé pour le quotidien alors que je n’ai presque aucun trajet à faire moi-même. Pour concevoir un vélo qui tienne vraiment la route, il faut continuer à rouler et à ressentir ce qu’aucune fiche technique ne dira jamais, la fatigue après plusieurs heures, la tenue une fois chargé, le confort sur un revêtement moyen ou la capacité à grimper une longue côte.

J’ai toujours habité près des Vosges, un terrain que je connais bien, et j’ai toujours aimé marcher, camper et partir bivouaquer. Une sortie de vingt-quatre heures était le moyen le plus direct de remettre l’usage au centre du projet.

Comment j’ai équipé le vélo pour 24 h ?

Pour cette première nuit, je suis resté sur une configuration simple, sans porte-bagages, uniquement des sacoches. Le vélo roulait sur des pneus Hutchinson Overide, compatibles tubeless mais que j’avais montés en chambre à air, avec deux chambres de rechange par précaution. Côté transmission, le prototype tourne en 11-42 (mono-plateau en 42 dents), ce qui était suffisant pour cette sortie même si je partirai plutôt sur une 11-46 en série, parce qu’un développement un peu plus court change beaucoup de choses dès qu’on grimpe chargé.

Avec le recul, j’aurais mieux fait de répartir un peu plus le poids vers l’avant. J’avais surchargé la sacoche de selle, et même si le vélo est resté stable, l’équilibre aurait pu être meilleur.

Le matériel

  • Sacoche de selle
  • Banane Manivelle
  • Petite sacoche de cadre
  • Sac de couchage
  • Tapis de sol
  • Réchaud et popote
  • Kit de réparation
  • Deux chambres à air
  • GPS avec Komoot
  • Batterie externe

De Strasbourg au Mont-Saint-Odile

Le départ se fait depuis Strasbourg, et les premiers kilomètres sont roulants, presque plats, avant que le relief vosgien ne commence vraiment à se faire sentir. Il aura fallu une cinquantaine de kilomètres pour rejoindre le sommet, à environ 21 km/h de moyenne, et encore, en m’arrêtant souvent pour filmer.

Les conditions n’étaient pas idéales, avec un vent latéral marqué une bonne partie de la journée, et c’est justement ce qui m’a le plus surpris. Le vélo est chargé, mais on ne sent presque pas le poids, c’est impressionnant. Une fois lancé, on oublie vraiment les kilos accrochés à l’arrière. Le confort va dans le même sens, puisque entre le cadre en acier chromoly et les pneus larges, les vibrations sont très bien absorbées et le vélo reste agréable à mener même après plusieurs heures de selle.

La montée vers le Mont-Saint-Odile a servi de vrai test. Avec mes 92 kg et le matériel de bivouac j’appréhendais un peu les passages les plus raides. Franchement, ça monte sans problèmes !

Le bivouac, il fait encore un peu froid la nuit

Une fois en haut, la vue sur toute la plaine d’Alsace est magnifique, largement de quoi récompenser la montée. Pour cette première nuit je suis resté sur quelque chose de très simple, un bivouac à la belle étoile installé juste à côté du vélo dans un abri.

Bivouac au sommet du Mont-Saint-Odile au coucher du soleil, le vélo Racine à côté

Le repas était à l’image du reste de la sortie, un chili sin carne lyophilisé auquel j’avais ajouté un peu trop d’eau, si bien qu’il ressemblait plus à une soupe qu’à un chili. Mais après une journée de selle, un plat chaud fait toujours plaisir.

Tout n’a pas été parfait pour autant. Les cent derniers mètres que j’avais tracés se sont révélés impraticables avec le vélo chargé, non pas à cause du vélo mais d’un itinéraire que j’avais mal préparé, avec un escalier et un single beaucoup trop raides pour avoir le moindre intérêt ici. J’ai donc terminé en poussant sur les 100 derniers mètres. Pour la prochaine fois, je penserai aussi à prendre un sac de couchage plus chaud, c’est pas la meilleure nuit que j’ai passée…

Ce que cette sortie prouve

Depuis le début du projet, je reviens souvent à une idée simple, celle d’un seul vélo capable de couvrir bien plus qu’un seul usage. Cette nuit dans les Vosges est venue le confirmer, puisque le vélo s’est montré confortable une fois chargé, stable dans le vent et assez polyvalent pour enchaîner la route, les montées et les chemins roulants sans jamais donner l’impression d’être hors de son terrain.

Oui, il est un peu plus lourd qu’un vélo en aluminium, c’est l’inconvénient d’un cadre en acier. Mais une fois lancé, ce poids disparaît presque, et je ne l’ai vraiment ressenti qu’à deux moments, quand il a fallu pousser le vélo dans les derniers mètres et lorsque je l’ai porté. En roulant, le poids ne se fait presque pas ressentir. Le but ici est de proposer un bon vélo capable de tout faire et il me paraît largement valable pour un cadre conçu pour durer plusieurs décennies et pouvoir être réparé partout.

Ce n’était qu’une nuit dehors. Pourtant, c’est probablement la sortie qui m’a le plus appris sur ce vélo depuis que je l’ai reçu.

Au fond, je crois que c’est exactement le vélo que j’avais envie de construire. Un vélo qui sert tous les jours, mais qui donne aussi envie de partir un soir après le travail, de dormir dehors et de rentrer le lendemain. Les anglophones appellent ça un ATB, un All Terrain Bike, un vélo capable d’aller presque partout sans chercher à être le meilleur dans une discipline.

La vidéo

J’ai filmé toute cette première aventure, et c’est un format que j’aimerais développer dans les mois à venir, en partageant mes sorties, en montrant le vélo en conditions réelles et en racontant ces petits voyages qui aident à comprendre ce qu’un vélo peut vraiment apporter. Si vous préférez voir le terrain plutôt que le lire, la vidéo retrace toute la sortie, de Strasbourg jusqu’au bivouac.

Voir la vidéo de la sortie bikepacking dans les Vosges

Et si cette sortie vous a donné envie, n’hesitez pas à faire un tour sur le configurateur ! composant selon vos usages.